La musique de la Renaissance et de l’époque médiévale et baroque est parmi celles qui me plaisent le plus à redécouvrir. Ce sont des époques où la musique était (relativement) simple (en comparaison avec les siècles qui allaient suivre), souvent gracieuse et élégante. C’est également une époque qui me plait car il y a beaucoup de morceaux composés pour peu d’instruments, ce qui permet de bien apprécier le jeu de l’interprète et la richesse de l’instrument. Les enregistrements de Julian Bream au luth sont absolument magnifiques.

Le disque dont je vous parle ce matin est un recueil de pièces pour violes (et un soupçon d’orgue) du compositeur anglais William Lawes, né en 1602 et décédé en 1645. C’est la musique qui s’écoutait sous Charles 1er, après la période de popularité du madrigal à l’italienne.

Je ne prétendrai pas critiquer l’interprétation de l’ensemble The Consort of Musicke composé de six joueurs de viole (deux dessus de viole, deux ténors de viole et deux basses de viole) et d’un très discret organiste, car ce n’est pas dans mon champ d’expertise, mais je vous partagerai les moments où j’ai apprécié la profondeur de la musique et les basses soyeuses des violes. C’est un disque qui se savoure très bien en matinée, l’esprit reposé, alors qu’on peut donner toute l’attention nécessaire à ces sons envoûtants qui enveloppent littéralement l’auditeur. Une bonne chaîne hi-fi transmettra davantage de chaleur et de profondeur sonore, il va sans dire.

Je n’ai pas trouvé d’extrait sonore (ou de vidéo) de cet album, mais voici d’autres morceaux du même compositeur, par un autre ensemble, pour vous donner une idée.

 

Les ensembles de musique classique comme The Consort of Musicke qui s’évertuent à recréer ces compositions sur des instruments d’époque ont le grand mérite de faire revivre des œuvres – et des compositeurs! – qui seraient autrement tombés dans l’oubli.

Ce disque met en lumière les Sett numéros 2 (en la mineur), 3 (en fa majeur et en do mineur, ma préférée du disque) et 4 (en si bémol majeur). Une musique fascinante et envoûtante à la fois. Complexe par le jeu des violes ensemble, mais pourtant facile à absorber pour le commun des mélomanes, pour le peu qu’on prenne le temps de s’y laisser bercer.

Pour la petite histoire, racontée sur la page Wikipedia qui lui est dédiée, lors de la Première Révolution anglaise, Lawes rejoint l’armée des Royalists et est affecté à la garde personnelle du roi, ce qui doit le tenir à l’écart du danger. Précaution vaine, car le 24 septembre 1645, il est abattu par un Parliamentarian lors de la déroute des Royalists à Rowton Heath, près de Chester. Bien que le roi soit en deuil de son parent Bernard Stuart, tué lors de la même bataille, il institue un deuil spécial pour Lawes en l’honorant du titre de Father of Musick.

william lakes

WILLIAM LAWES
par THE CONSORT OF MUSICKE
Viol Consort Music
(Decca, 1980)

-Genre: musique classique de la Renaissance
-Dans le même style que John Dowland

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.